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    • La préparation du poisson cru Si Tahiti m'était conté (Vidéo d'archives sur tahiti.tv)

      La préparation du poisson cru Si Tahiti m'était conté (Vidéo d'archives sur tahiti.tv)
      La prise du jour ! Quelle sera sa destination ? Les vahine vont nous renseigner. Celle-ci, revenant du marché, va se livrer sous nos yeux à la confection du réputé poisson cru. A cette époque, parmi les personnalités que le tourisme avait conduit jusqu'à Tahiti, figurait Sam Letrone, cuisinier bien connu des gastronomes de France. En dépit de ses vastes connaissances en matière culinaire, il lui restait à apprendre comment se prépare le poisson cru. On coupe tout d'abord le thon ou la bonite en petits cubes. Le chef est attentif, en Europe il n'aura plus de vahine instructives à sa disposition. Aussi n'hésite t'il pas, comme l'on dit, à mettre la main à la pâte. Mais la manière dont il s'y prend mérite bien l'assemblée. Le poisson macèrera deux heures environ dans du jus de citron pur additionné d'une poignée de sel. Pour être petits et verts, les citrons tahitiens sont plus riches en sucre et plus parfumés que les variétés des autres pays. Après avoir baignée dans le jus de citron, la chair du poisson apparaît presque blanche. Il faut alors la presser. Sam est impatient de connaître le résultat… Mais ce n'est pas terminé !
      Ajoutons des tomates, puis des œufs durs, et enfin de l'ail, échalote, persil et du lait de coco et notre préparation sera terminée. Et quelle que soit votre opinion présente, je ne connais aucune européenne ni aucun européen qui recula devant la dégustation d'une assiette de poisson cru. Sam peut enfin satisfaire sa curiosité.De retour à Tahiti, nous visiterons la partie de la population la plus heureuse de l'île : les enfants ! Ces rejetons s'efforçant à l'ordre sont en majorité des métis. Hormis dans les îles éloignées, il n'existe pratiquement plus de Tahitiens de sang pur. Mais nous vous l'avons dit : tant de navires ont fait escale depuis deux cents ans à Tahiti… Leur comportement nous montre qu'ils sont passablement émus par la présence des appareils de prises de vues. Mais, dès l'école abandonnée, que sont les jeux de cette enfance du bout du monde ? Grimper au cocotier ? Y cueillir un papeari, c'est-à-dire une fraîche noix de coco, afin d'en boire le contenu ?
      En auriez-vous fait autant Mesdames, à onze ans ? Durant que votre grand frère se fut livré à un temps de galop sur une monture dépourvue de selle et d'étrier… La plus fréquente détente : le bain de rivière, et le pas de danse en honneur des visiteurs. A celle-ci, serait-il difficile de prédire l'avenir ? Mais la soeurette ne partage point sa gaité, car, selon la formule rituelle : ça fait honte, paie ! Et notre bande joyeuse part ensuite en pirogue. Adieu heureuse jeunesse des Mers du Sud !Beaucoup plus calmes que les petits enfants européens, voici la classe 1975, pas encore d'école. Mais n'est-il pas cruel de parler d'école ou de service militaire lorsque la nature généreuse vous entoure d'un pareil spectacle ? On voit bien que ceux qui ont inventé la civilisation s'ennuyaient dans leur pays ! Parlez-leur plutôt d'art… et l'art ici, c'est la chorégraphie. Jugez-en : ceux-là ont trois ans. Au revoir !
      Tourné en 1953 par Alphonse et Charles Hollande, « Si Tahiti m'était conté » est le premier documentaire sonore et en couleur produit et réalisé à Tahiti. Le film nous entraîne dans le Tahiti des années 50, à Papeete tout d'abord puis tout autour de l'île.

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    • Flore polynésienne Si Tahiti m'était conté (Vidéo d'archives sur tahiti.tv)

      Flore polynésienne Si Tahiti m'était conté (Vidéo d'archives sur tahiti.tv)
      Dans le domaine de la surprise et du déconcertant, ce modeste continent tient une place importante. Jugez-en ! Voici des poteaux de clôture qui, enfoncés à coup de masse, bourgeonnent, surgeonnent et redeviennent arbustes. Voulant nous livrer à une expérience, nous coupâmes un bananier un jour vers midi. Précisons que le bananier ne fournit qu'un seul régime de bananes et que l'on abat l'arbuste lorsque le régime est bon à couper.
      Le lendemain, vers les 11 heures, c'est-à-dire 23 heures plus tard, le cœur de l'arbuste avait crût de onze centimètres et demi, soit un demi centimètre à l'heure, phénomène presque enregistrable à l'œil nu ! Quant à la partie abandonnée au sol, elle avait poussé de six centimètres. N'y aviez-vous jamais songé en mangeant des bananes ? En voici des vertes… et des bonnes à manger. Les fruits tropicaux sont nombreux et succulents, mais les arbres fruitiers européens n'y poussent pas. Cette espèce s'appelle cœur de bœuf… Vous l'auriez deviné ! Tous ces produits ne flattent pas le goût à la première dégustation ; un certain temps est utile pour les apprécier. Mais plus tard, le goût comme les cœurs, évolue… Les noix de cajou, surnommées vulgairement acajou. La papaye, se mange comme légume étant verte, et comme fruit étant mûre. Elle est largement utilisée dans la préparation du poe, dont nos convives ont fait tout à l'heure une importante consommation. Elle peut se manger crue avec du jus de citron ou cuite au four et arrosée de lait de coco. Les pommes cannelle, de chair douce et sucrée.
      Les caramboles, de saveur acide lorsque sauvages, douces lorsque domestiques et par greffe. Les pamplemousses sont très gros et très sucrés. Les ananas y viennent également très bien. Il ne faut surtout pas les confondre avec les ma'a fara, fruit du pandanus. Le pandanus est un arbre, tandis que l'ananas ne pousse qu'à environ 40 centimètres du sol. Un uru, ou fruit de l'arbre à pain. Cuit, ou plus exactement rôti, le uru est le substitut parfait du pain. Vous en voyez ici sur la droite. Voisinant avec les urus, les avocats. Autrefois, l'avocat était le beurre du Tahitien. Ce que l'on appelait le beurre végétal. Voici donc le pain, le beurre, et le saucisson… Si les fruits de cet arbre étaient comestibles, on aurait pû faire un sandwich ! Mais il n'en est rien, il s'agit là d'une plante ornementale. Les mangues, et particulièrement les mangues greffées. Mais nous voulons parler des mangues déposées dans l'écuelle… Pas de conclusion ! Si les détails vous intéressent, sachez que cette figurante n'a que 14 ans. Pays des fruits, pays des fleurs… Ce lotus, apparenté au nénuphar, prête une atmosphère romantique. Ces spécimens variés et chatoyants portent des noms indigènes compliqués dont nous vous faisons grâce.
      Les bougainvilliers rouges, violettes, saumon. Cette plante est appelée monette. Le setia, ce ne sont pas des fleurs mais des feuilles, présentées par une métisse américaine-tahitienne. Le gardenia, appelé taina. Des opui, des hibiscus, appelés encore aute et très répandus à Tahiti. En voici des simples, puis des doubles. Les frangipaniers, appelés en tahitien tipaniers. Les tiare qui ne poussent qu'en Océanie. Le parfum est aussi discret et captivant qu'unique est la plante. Fleurs de toutes saisons, verdure éternelle, paysages enchanteurs, plantes aux fragrances subtiles, femmes séduisantes… vers une victime aux exigences de la civilisation, puisses-tu résister à l'agitation frénétique de la vie moderne ? Tourné en 1953 par Alphonse et Charles Hollande, « Si Tahiti m'était conté » est le premier documentaire sonore et en couleur produit et réalisé à Tahiti. Le film nous entraîne dans le Tahiti des années 50, à Papeete tout d'abord puis tout autour de l'île.
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    • Utilisation du cocotier et du bambou "Si Tahiti m'était conté" (Vidéo d'archives sur tahiti.tv)

      Utilisation du cocotier et du bambou
      Le véritable trésor des Tahitiens c'est avant tout le cocotier. On compte plus de cent usages différents de cet arbre merveilleux qui constitue de plus la principale ressource économique de l'Océanie. Les indigènes affirment que les cocos ont des yeux et qu'ils ne tombent que sur la tête des mauvais sujets. Il faut le croire puisque les vahine s'installent en dessous sans crainte d'en recevoir sur la tête ! Comment la noix de coco devient-elle du coprah industriel.

      La terre étant particulièrement basse à Tahiti, on ramasse les fruits à l'aide d'une pique. Puis on les groupe. La noix est ensuite fendue d'un coup de hache, puis l'amende est laissée au soleil pendant deux jours, temps nécessaire à sa séparation d'avec l'enveloppe. On achève le décorticage à l'aide d'un fer coudé. Les parcelles de fruits ainsi recueillies sont éparpillées sur des séchoirs à toiture mobile pouvant re clos la nuit ou par mauvais temps. Le produit est retourné à intervalles réguliers et, si le beau temps a persisté, on obtient en dix jours le coprah proprement dit, d'une teneur en matière grasse de l'ordre de 80%.
      En sachets, le coprah est alors prêt à l'exportation. Le résidu, appelé « bourre », est utilisé dans la confection de cordes et de balais. Mais le véritable balai tahitien se fabrique avec les nervures parfaitement sèches de la feuille de cocotier. La palme de cocotier, comme le bambou, connaît de nombreuses destinations. Nous assistons ici à la confection à l'aide de feuilles vertes, de paniers de toutes dimensions. Paniers qui serviront à la présentation des fruits sur le marché. Avec les toutes jeunes feuilles on tresse des chapeaux. Quant à la noix de coco, elle abreuve et nourrit l'autochtone, mais encore, une fois râpée, chiens, chats, poulets, canards, chevaux, porcins…Une autre richesse domestique, le bambou. Il en existe deux sortes : le bambou popa'a, c'est-à-dire importé, et dont la résistance autorise des services dans la construction et le bambou tahitien, plus frêle, plus souple, mais plus facile à œuvrer, qui permet des utilisations plus délicates.
      Choisis bien secs, ils sont refendus comme ceci. Posée à terre, chaque partie est écrasée à l'aide d'un morceau de bois dur. La pression provoque alors une brisure longitudinale qui transforme l'écorce primitive en lamelles. Et, comme pour le cocotier intervient le tressage qui fournira panneaux, parois, portes, auvents de cases. Voici un panneau en bambou tressé.
      Hormis les chapeaux, les gobelets, les éléments d'ameublement, voici une nasse, entièrement en bambou. Mais sans doute la plus riche utilisation se présente –t'elle sous la forme de canalisations. Pour préparer cette plomberie polynésienne, il suffit d'énucléer les nœuds intérieurs avant d'emboiter les conduites les unes dans les autres. Sans dépenser un centime, on amène l'eau jusqu'au fare. Une habitation typique : cloisons de bambou tressé et toiture en palmes de cocotier.
      Une chaumière… et un paradis diront ici les jeunes mariés. Voyez ce cadre, cet horizon, et ce couple de métis calédonien-tahitien ; ils habitent la chaumière. Un intérieur simple et toujours rigoureusement propre. La cuisine fait toujours l'objet d'une construction séparée. De même que la douche, presque toujours sans toiture. Et… le petit endroit avec vue sur la mer… Images d'archive
      Tourné en 1953 par Alphonse et Charles Hollande, « Si Tahiti m'était conté » est le premier documentaire sonore et en couleur produit et réalisé à Tahiti. Le film nous entraîne dans le Tahiti des années 50, à Papeete tout d'abord puis tout autour de l'île.
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    • Les vallées de Tahiti "Si Tahiti m'était conté" (Vidéo d'archives sur tahiti.tv)

      Les vallées de Tahiti
      Ce décor paradisiaque nous attire. Allons découvrir les charmes de nos fraîches vallées. Soleil, verdure, eau jaillissante et bondissante ! Tout est conforme à la description qu'en donnèrent les découvreurs de Terres. Cent mètres de chute libre… Lieu idéal pour le bain et peuplé de nymphes ! Distraction de toutes les saisons puisque le climat ne varie jamais. La vallée de la Papenoo, la plus profonde et la plus pittoresque de l'île.
      Nous y rencontrons un mahu, type humain que la décence nous oblige à résumer sous l'appellation d'androgyne. Ils sont d'ailleurs fort recherchés en raison de leurs qualités domestiques. Toujours plus en amont, on pêche les natos, poissons de chair très fine. Le tane les pique au harpon ou au fusil tahitien et les achève d'un coup de dent sur la tête. La vahine les écaille et les assemble avec un lien végétal. C'est dans la vallée de la Fataua qu'une route conduit à ce lieu réputé d'avoir été celui où Loti se baignait en compagnie de Rarahu. L'eau fut plus profonde, un barrage de pierres en retenait le débit, mais une crue l'emporta voici quinze ans et malheureusement il ne fut jamais reconstruit.
      Par delà le diadème dont on voit ici la face sud, nous sommes dans la vallée de la Punaruu, célèbre par ses forêts d'orangers. Il faut pour atteindre les orangers, une journée entière de marche par des sentiers incommodes, glissants ou peuplés de plantes urticantes, ce qui explique le prix des oranges présentées sur le marché, le transport ne peut s'effectuer qu'à dos d'homme. Celui-ci peut en porter jusqu'à 70 kilos. Les vallées recèlent également quelques vestiges des autels à sacrifices humains : les marae, vastes constructions de pierres sèches, qui ne furent délaissés qu'après l'arrivée des missionnaires chrétiens. Autour du marae se dressaient les idoles sacrées nommées « tiki », devant lesquelles se prosternaient les populations.
      Le lieu sur lequel s'élevaient marae et idoles était déclaré tapu. Cette autre vallée dite de Mataiea, conduit au lac Vaiera. Parcours sans intérêt pour un chasseur d'images en ce sens qu'il y pleut presque constamment. A cinq cents mètres d'altitude, le lac dort dans un cratère. La seule voie d'accès en est la rivière, plus souvent torrent et nous devrons la traverser 83 fois d'un bord à l'autre sur un parcours de treize kilomètres pour toucher enfin la rive du lac.
      Les pierres glissantes et le fort courant rendent le cheminement pénible, surtout pour les popa'a dont les chaussures ne peuvent donner l'assise naturelle des pieds nus des Tahitiens. Ces largues feuilles, épaisses et souples, se nomment hape. Les porteurs les utilisent pour confectionner des abris. N'est-ce pas mieux que de transporter une tente. En moins d'une heure le logement est élaboré. Un bain nous reposera de nos longues heures de marche et une collation nous permettra de repartir pour la dernière étape, accomplie au sein d'une végétation luxuriante recouvrant la rivière.
      Tourné en 1953 par Alphonse et Charles Hollande, « Si Tahiti m'était conté » est le premier documentaire sonore et en couleur produit et réalisé à Tahiti. Le film nous entraîne dans le Tahiti des années 50, à Papeete tout d'abord puis tout autour de l'île.
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    • Les chinois et les pêcheurs tahitiens "Si Tahiti m'était conté" (Vidéo d'archives sur tahiti.tv)

      Les chinois et les pêcheurs tahitiens
      L'asiatique loge souvent dans une habitation exigüe et vétuste comme celle-ci. Mais il est précieux en ce pays où l'on peut penser que sans le chinois le marché serait dépourvu de légumes. Quel est l'européen, ou le Tahitien, qui cultiverait choux, haricots, salades, sur des pentes à 45 degrés et sous un soleil tropical ? Qui transporterait l'eau à dos d'homme et débrousserait dix fois avant de récolter ?
      Seul, le chinois accepte de poursuivre dans un opiniâtre silence l'ingrat travail d'une terre peu généreuse. Celui-là livre le pain qu'il authentiquement pétri à la sueur de son front la nuit et sans moyens mécaniques modernes. Le Tahitien cependant que ne démonte aucune démonstration vous répondra : « pourquoi tant travailler pour en arriver là ? » : cimetière chinois. Ayant souvent vécu son existence terrestre dans un taudis, l'asiatique gagnera l'autre monde dans la propreté et le vaste. Mais si le Tahitien se soucis peu des activités des chinois, par contre, sa principale occupation est avant tout la pêche. Individualiste, il affectionne l'emploi de la pirogue, du harpon ou des lignes qu'il monte lui-même.
      Néanmoins, il ne répugne pas participer aux pêches effectuées dans un grand concours de population où l'on manie des filets de trois à cinq cents mètres de long. Quelques pêcheurs plongent à l'intérieur et à l'extérieur du filet pour chasser le poisson dans la direction favorable. Lorsque le filet sera levé, chacun prélèvera une part de la prise, le reste sera vendu au marché de Papeete. On peut ainsi en relever jusqu'à une demie tonne. Très poissonneux dans les parages des îles peu fréquentées, le Pacifique est le véritable paradis des pêcheurs, et surtout des pêcheurs sous-marins. A vos yeux des ature, des orare…Vous voilà bien avancés d'avoir entendu ces appellations !
      L'important est que vous sachiez que tout cela est délicieux. Le poisson ballon, qui offre la particularité de se dégonfler et de se regonfler comme une vessie. Ces bateaux à moteur équipés de gaules en bambou, quittent chaque jour le port de Papeete pour la pêche hauturière du thon et de la bonite. Le problème est avant tout de repérer le premier banc de poissons, subtilité point à la portée du premier popa'a venu ! Mais le Tahitien qui navigue à l'estime depuis des siècles et dans le sang duquel roule du sel, possède des choses de la mer, une notion mystérieuse et déconcertante. Les oiseaux de mer sont les aides du pêcheur : par les mouvements du volatile, le pêcheur décèle la proximité de la proie, puis il en attend confirmation.
      Très friand de la chair du thon, l'oiseau descend en piqué sur sa victime, et d'un coup de bec arrache un morceau du thon. Curieux matériel : on utilise des hameçons montés sur nacre. La pêche commence. Plus une minute à perdre ! Pour une fois le Tahitien est convaincu que le temps est de l'argent et qu'il ne sied point de le gaspiller. La prise est assommée d'un coup de gourdin. Ils n'en prendront jamais moins qu'une quarantaine de cette taille. Si le temps est favorable, la petite embarcation sera presque emplie.
      Sur les flots creusés par le vent alizé, le petit bateau tangue et roule fortement, et il faut une force et une adresse remarquable pour manœuvrer cette longue gaule parfois chargée de prises atteignant les quinze kilos. Les poissons sont vidés au fur et à mesure mais la tripaille n'est pas jetée à la mer pour ne pas attirer les requins. Puis ils sont lavés… Et l'on fume la cigarette bien gagnée !
      Tourné en 1953 par Alphonse et Charles Hollande, « Si Tahiti m'était conté » est le premier documentaire sonore et en couleur produit et réalisé à Tahiti. Le film nous entraîne dans le Tahiti des années 50, à Papeete tout d'abord puis tout autour de l'île.
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    • L'ascension de l'Orohena "Si Tahiti m'était conté" (Vidéo d'archives sur tahiti.tv)

      L'ascension de l'Orohena
      L'ascension de l'Orohena "Si Tahiti m'était conté" (Vidéo d'archives sur tahiti.tv) Vallées et montagnes nous restent encore à découvrir. Après quelques préparatifs, nous nous lançons à l'assaut de l'Orohena, sommet inviolé que l'on aperçoit ici au centre. A mille mètres d'altitude, au cours de la première journée, nous nous trouvons à la base de la mer de nuages. Si ola végétation est ici épaisse au point d'en devenir bientôt fort gênante, nous ne risquons aucune rencontre insolite, point d'animaux sauvages en Polynésie. Devant nous, la crête qui nous conduira jusqu'où une expédition précédente atteignit sans pouvoir aller plus loin. Mais, peu accoutumés à l'humidité ambiante, à la boue, et de plus lourdement et incommodément chargés, nos porteurs fatiguent considérablement.
      A 1 700 mètres d'altitude, un de nos principaux campements. Notre source de breuvage et d'eau de toilette, n'est rien d'autre que la pluie. C'est sur ce parcours que sur six porteurs, quatre nous abandonneront, vaincus par le froid et la fatigue. Nous devrons séjourner plusieurs jours dans ces parages sous une pluie torrentielle et battus par un vent violent qui maintes fois arrachera nos tentes, interdisant évidemment toute photographie.
      Enfin, par un matin plus clément, la pluie cesse pour la première fois depuis treize jours, ce qui nous permet d'apercevoir la presqu'île, distante à vol d'oiseau de trente kilomètres. Nous n'oserions prétendre établir quelque rapport entre les grandes ascensions des chaînes internationales et nos péripéties sur ce sommet polynésien. Il n'en est pas moins vrai que nous nous sommes obstinés là où six autres expéditions avant nous avaient tentés et renoncés. A la brusque des climatisations, s'ajoutait la mauvaise qualité d'un terrain friable que le brouillard rendait parfois semblable à un fond sous-marin. Et cette perspective de mer lointaine brisait notre courage. Sur ces crêtes, excessivement étroites, repérer une surface où poser les tentes nous posait un problème toujours redouté. Le vide était là, autour de nous, dissimulé par la végétation. Il nous fallait maintenant franchir l'obstacle où nos prédécesseurs s'étaient arrêtés. Une crevasse aux parois verticales et friables. Vous allez voir sur la prochaine en haut et à gauche un bloc qui s'en détache. Brouillard de nuages, humidité ambiante, froid pénétrant, pluie intermittente, coups de vent nous obligeant à abattre notre tente, visibilité souvent réduite à quinze mètres, et à quelques centimètres de nos pieds, mille mètres de vide, à la verticale.
      Ne pouvant nous fier à la résistance de la roche, nous nous efforcions de détecter des arbustes d'apparence assez solide pour y nouer les 400 mètres de cordage qui furent nécessaires, depuis cette crevasse jusqu'au sommet. Mais ces arbustes prenaient racine dans un humus pouvant atteindre deux mètres d'épaisseur et à ce point amolli que nous même y disparaissions parfois à mi corps. Nous approchions cependant du sommet. Huit heures emplies de manœuvres et de craintes. Huit heures à sentir un crachin glacial nous pénétrer jusqu'aux os furent nécessaires pour fixer cette dernière rampe de corde. Deux semaines d'efforts, le transport à dos d'homme de 150 kilos de vivres et de matériel, 500 mètres de corde de chanvre et l'aide de deux porteurs, furent nécessaires pour vaincre l'Orohena.
      Et, avec, la tempête qui, soudainement éloignée, nous cède la place sur un sommet lumineux. Nous n'osions en croire nos yeux ! De ce belvédère de l'Océanie, le spectacle était indescriptible. Mais déjà, les nuages se reformant, il nous fallait envisager le retour, non sans avoir authentifié notre victoire des insignes de fortune dont nous disposions, et qui furent aperçus le lendemain à la longue vue des observateurs postés sur la côte. Cette fois, atteint à ses 2241 mètres, l'Orohena s'était laissé vaincre.
      Cependant, le lieu restait peu hospitalier, blessés partout, aux jambes, aux mains et au visage même, nous avons hâte de retrouver la chaleur, l'air sec, l'eau tiède et le linge propre. Les vivres que nous avions été contraints d'abandonner à l'aller nous sont une providence sur le chemin du retour. Et c'est sans hostilité que nous contemplons maintenant le but atteint de notre entreprise. De retour sur la côte, nous retrouverons avec plaisir le riant paysage tahitien. Tourné en 1953 par Alphonse et Charles Hollande, « Si Tahiti m'était conté » est le premier documentaire sonore et en couleur produit et réalisé à Tahiti. Le film nous entraîne dans le Tahiti des années 50, à Papeete tout d'abord puis tout autour de l'île.
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    • Les fêtes de juillet (1) Si Tahiti m'était conté (Vidéo d'archives sur tahiti.tv)

      Les fêtes de juillet  (1) Si Tahiti m'était conté (Vidéo d'archives sur tahiti.tv)
      L'un des phénomènes typiquement tahitien est l'usure du temps et la perte de sa notion. C'est pourquoi la préparation des fêtes du 14 juillet prend plusieurs semaines. Ici, les Tahitiens s'entrainent au lancer du javelot. Leur adresse naturelle rend intéressante la démonstration. Un coco peut être atteint de plein fouet à vingt mètres de hauteur.
      La fête foraine n'est encore qu'officieusement ouverte. Il n'existe pas de bateleur professionnel en ce pays. Les baraques sont tenues par les plus entreprenants commerçants locaux. Germaine, la vedette des célèbres danseuses de l'île de Bora Bora vend pour la circonstance des billets de loterie à un européen. Avouez que ces jeunes gens, membres de nombreuses sociétés sportives, offrent une prestance remarquable.
      C'est le 13 juillet que, suivis des danseurs, chanteurs, piroguiers et chefs de district, les corps constitués viennent présenter leurs compliments au Gouverneur. La cérémonie se déroule dans le parc de la Résidence, de même que la remise des cadeaux, composés d'animaux vivants, de fruits, travaux d'artisans, et jusqu'à des pirogues. Comme les Latins, les Polynésiens sont sensibles à l'éloquence. Vêtu à l'européenne, le doyen des chefs de district informe le Gouverneur que c'est le district dont il a la charge qui chante et danse le mieux et, en traduisant mot à mot, qui remue le mieux le derrière. Vous saisirez pourquoi tout à l'heure. Une danseuse couronne le Gouverneur, lequel est alors en mesure de déclarer ouverte l'époque des réjouissances, en même temps que celle des manifestations folkloriques.
      Elles débutent par les courses de pirogues à voile en rade de Papeete où la brise n'est malheureusement pas toujours suffisante. Balisé par des bouées, le parcours est relativement court, si l'on songe qu'autrefois, les pirogues à voile sillonnaient le Pacifique. De nos jours, on imagine difficilement la valeur manoeuvrière et l'endurance de ces marins, voguant en haute mer sur de semblables esquifs. En fond de décor, l'île Moorea, la plus proche de Tahiti, à onze miles environ. Et voici le champion du jour.
      Compétition de pirogues simples et doubles, à la pagaie. Le départ est pris. Dix-sept deltoïdes et dorsaux sont à l'épreuve ! Ils le sont d'ailleurs depuis des semaines, car une course de pirogue est la moins improvisée des exhibitions. Observez la cadence et la symétrie des gestes. Tout comme leur tane, les vahine également concourent. Voici le district vainqueur : Tautira... Il est rare que ceux-là soient vaincus.
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