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    • L'île de Rurutu (Film documentaire sur la Polynésie française)

      L'île de Rurutu (Film documentaire sur la Polynésie française)

      Situé au Sud de Tahiti, les Australes furent les dernières îles polynésiennes à être accostées par les missionnaires européens du 18ème siècle. L'une d'elle, Rurutu, à environ 600 kms des Iles de la Société, est aujourd'hui l'île la plus accessible de l'archipel des Australes. Elle n'en demeure pas moins sauvage et rien ne semble pouvoir perturber la petite vie tranquille et quotidienne de ses quelques 2000 habitants. Les 36 km2 de l'île se répartissent entre 3 villages, Moerai, Avera et Auti, chacun traversé par une route principale autour de laquelle la vie s'organise. Magasins, école, lieu de prière et bord de mer, rien ne semble manquer aux habitants de Rurutu.
      Cette île de l'archipel des Australes constitue un exemple typique de makatea.En effet, voici des millions d'années, un soulèvement de la croûte terrestre a fait jaillir l'ensemble de l'île au dessus de la mer, transformant son ancien récif frangeant en falaises côtières, qui s'élèvent jusqu'à 150 mètres au-delà du niveau de la mer. Les parois abruptes qui cernent aujourd'hui la majeure partie de l'île constituaient jadis les versants extérieurs de la barrière de corail. La vallée qui longe la route méridionale, est l'ancien lagon qui s'étendait entre l'île et le platier. Ce dernier représente l'actuelle ligne de côte qui plonge brusquement dans la mer le long de la côte sud-est.
      Comme dans tous les cas de makatea, Rurutu possède de très nombreuses grottes calcaires, percées à flanc de falaise. Elles sont le souvenir du soulèvement cataclysmique qui projeta ces anciennes grottes sous marines jusqu'à leur emplacement actuel. Dans ces cavités, l'érosion a fait naître de la pierre ou du calcaire des formes étranges, mais également de nombreuses concrétions calcaires pendantes et montantes, les stalactites et les stalagmites. Tombant du plafond de l'une de ces grottes, Teanaeo, une stalactite servait autrefois de cloche au chef du village qui souhaitait rassembler ses disciples.
      Les grottes de Rurutu ont chacune une histoire ou une légende, qui traverse le temps, et que les habitants aiment conter ou bien parfois chanter... Hina la cannibale serait donc à l'origine d'une des traditions les plus ancrées dans la culture des Rurutu : le tressage de pandanus.Dans le petit fare artisanal de Moerai, les femmes se rassemblent quotidiennement et en chanson, chacune rivalise d'habileté et de rapidité dans la confection de paniers, de chapeaux et de peue. Le pandanus est l'une des matières premières de l'île. On le trouve souvent en bord de route ou bien dans des champs plus ou moins entretenus. Ce sont les femmes qui coupent les longues feuilles qui leur serviront à fabriquer les objets artisanaux. Ces feuilles vertes de pandanus sont triées puis découpées afin d'obtenir des fibres plus fines. Les femmes tressent ensuite les languettes de pandanus à une longue tige, puis les suspendent à un arbre pour les laisser sécher. Il faudra une dizaine de jour pour que le pandanus puisse être tressé.
      Mais l'artisanat est loin d'être la seule tradition de Rurutu. Ainsi, de l'autre côté de l'île, dans le village d'Avera, se prépare une grande fête, la fête du Mai, qui va durer tout le week-end. Pour cette grande cérémonie religieuse annuelle, les habitants d'Avera se préparent à accueillir les deux autres communes. Dès le samedi matin, les grosses pierres du four tahitien sont mises à chauffer, les cocos râpées, les cochons engraissés toute l'année vont être sacrifiés et chacun a ramené de la pêche de nombreux poissons. Maisons et jardins d'Avera sont nettoyés dans le moindre détail tandis qu'à Moerai, le village se prépare déjà pour la semaine suivante car ce sera son tour d'accueillir les deux autres communes. La petite église pittoresque de Moerai est donc repeinte entièrement à la chaux, peinture blanche préparée collectivement à base de bloc de coraux ramassés sur le récif puis brûlés. Et tandis que les hommes donnent les derniers coups de pinceaux, femmes et enfants se dirigent déjà vers Avera, selon leurs propres moyens de locomotion...
      La fête du Mai commence par l'accueil dans la maison paroissiale des comités, petits groupes d'élus dans chaque village et qui seront décisionnaires dans le déroulement des cérémonies du week-end. Les comités réunis se retrouvent dans la prière et les chants tandis que les derniers préparatifs pour le grand repas de midi se terminent. Poissons et cochons enveloppés dans des feuilles de bananiers sont sortis du four, et femmes et enfants mettent une touche finale à la décoration du futur réfectoire. Une fois que les comités se sont mis d'accord sur le déroulement du week-end, tous vont se retrouver pour manger, et c'est un point d'honneur que met chaque habitant d'Avera à ce que chacun se régale. Après avoir festoyé, tout le monde rejoint tranquillement sa maison, et c'est alors un étrange contraste que ce village devenu ville morte jusqu'au lendemain. Le soleil, fatigué lui aussi va se laisser doucement caresser par la mer avant d'être définitivement englouti et abandonner l'île à son obscurité.
      Une personne cependant ne profitera pas de cette nuit pour dormir... Il s'agit de Mama Tetua, unique pâtissière de l'île, et qui, dès deux heures du matin, s'affaire aux fourneaux pour préparer petits mets sucrés et salés pour le lendemain. La journée du dimanche commence dès le lever du soleil. Les habitants de l'île se retrouvent dans le temple d'Avera pour prier et pour chanter. Mama Tetua, sans l'ombre d'une cerne a rejoint les autres. Durant toute la messe, les chants se succèdent. La plupart sont des Himene, chantés par les chorales des différentes paroisses. Chacun, homme et femme, reste très concentré sur sa voix, et cela sous l'oeil attentif des diacres de l'église. Les chants et les prières terminées, tout le monde se dirige vers le réfectoire afin de prendre des forces pour la journée qui va suivre. Selon la coutume, ce sont les habitants de la commune qui accueille, qui a préparé et qui servira le repas.Mais tandis que les uns mangent, certaines préfèrent chanter...
      L'après midi du dimanche est le moment le plus attendu car le plus important de la cérémonie du Mai. En effet, chacun a revêtu son habit du dimanche pour assister aux messes et bien sûr pour chanter. Durant toute l'après midi, petits et grands vont se succéder pour lire un extrait de la bible, et donner un peu d'argent afin de contribuer au bon fonctionnement de l'église. Billets et enveloppes se succèdent sur la table des diacres qui comptent méthodiquement l'argent récolté. Et tandis que certains font preuve d'un enthousiasme débordant, d'autres semblent vaincu par le sommeil.Les chants, les prières et les dons vont durer toute l'après midi dans l'église d'Avera.
      Tous, cependant, n'assistent pas à la cérémonie. Certains préfèrent passer leur week-end à s'occuper des chevaux, nombreux sur l'île et que les Rurutu utilisent encore pour transporter les marchandises ou bien se déplacer. D'autre profitent de la mer ou vaquent à des tâches agricoles. Les grandes vallées aux sols exceptionnellement fertiles permettent aux habitants de Rurutu de cultiver de très nombreuses variétés de fruits et légumes. Oscar, depuis l'âge de 26 ans, suit les traces de ses parents et grands parents et cultive chaque jour l'immense tarodière de ses ancêtres. Tandis que certains utilisent les longues tiges du taro pour s'abriter du soleil, d'autre, courageusement, préparent les champs pour les semences.
      Cultiver le taro demande en effet beaucoup de travail. Il faut tout d'abord couper les feuilles sèches des cocotiers, puis les ramener jusqu'à la tarodière. Ces feuilles sont déposées sur les champs labourés puis grâce à un pilon de bois, Oscar creuse des trous espacés d'environ 50 centimètres, puis pique les tiges de taro. Il faudra attendre environ 8 mois avant que le taro ne pousse et puisse être consommé. Certains des agriculteurs de Rurutu ont cependant rompu avec les traditions, et se sont modernisés. C'est le cas de David Poetai, qui a décidé d'installer dans le sud de l'île une plantation hydroponique. Ormis les nombreuses ressources de ses terres, Rurutu possède également de magnifiques plages de sable blanc. Les plus belles courent vers l'est de la pointe, mais comme partout autour de l'île il n'y a que très peu de bassins peu profonds entre la rive et le récif extérieur.
      Le lagon de Rurutu offre bien d'autres possibilités à ses habitants que celles de se plonger dans ses eaux aux bleus lumineux.L'une des traditions perpétuée de père en fils, est bien sûr la pêche. Elle constitue un apport précieux pour les habitants de Rurutu. Dans cette île, la pêche ancestrale se pratique avec un hameçon très particulier et typique à Rurutu. Grâce à l'hameçon ancestral ou au leurre d'aujourd'hui, les pêcheurs de Rurutu ne rentrent jamais bredouilles. Les thons ou bonites servent au repas du soir ou du lendemain alors que les petits poissons mélangés à l'eau de mer serviront d'accompagnement aux plats principaux.Tandis que les pêcheurs finissent de nettoyer les derniers poissons, de l'autre côté de l'île, ce sont quelques chèvres qui broutent tranquillement. Le fromage affiné est ensuite emballé sur quelques feuilles de couleur, puis vendu au marché de Rurutu, ou expédié à Papeete.
      Mais ce que les chèvres ne savent pas, c'est qu'aujourd'hui est un jour un peu particulier sur l'île de Rurutu. En effet, au village d'Avera, c'est la cérémonie du Iomarafare, la visite des maisons. Deux représentants de chaque district se sont réunis afin de former le Comité du Iomarefare. Suivi de tout le village, ils visiteront les maisons et décideront si oui ou non, elles sont bien entretenues. Chaque accueil se fera selon la coutume sous la projection de talk, et de parfum. Ce sera également l'occasion de s'assurer qu'aucun habitant ne manque de rien. La visite se poursuit toute la matinée, ponctuée de haltes de plus en plus nombreuses devant les petits buffets que chaque habitant des maisons visitées a préparés pour les gens de passage. Dans certaines maison en deuil, ou dont les occupants sont malades, une halte toute particulière est faite, afin de chanter et de prier. Les longues marches entre chaque maison sont parfois fatigantes, mais cela n'empêchera personne sur la fin du trajet de fêter la matinée, de chanter et de danser.
      Si certains semblent vouloir fuir le bruit de la fête, d'autres, sereins, savent apprécier le calme des plages tranquilles de bord de lagon. Les animaux, la nature et les gens, tous vivent en harmonie tranquille dans cette île aux mille douceurs.
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