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Marguerite Lai : Vous qui suivez votre émission Mata’eina’a tour, bonjour. Père et fils, que font-ils ? C’est ce que nous allons découvrir aujourd’hui à Vairao. Laissons Tumoana nous parler de pirogues fabriquées dans des moules…

Tumoana, bonjour.

Bonjour Marguerite.

J’ai vu tout à l’heure des pots de peinture… Tu peins des maisons ?

Non, ce n’est pas ça du tout. Ce sont des pots de résine. Il y a également de la peinture, pour peindre les pirogues. Ici, nous construisons les pirogues.

Comment fais-tu exactement pour tailler les pirogues ? Tu ramènes des troncs de la vallée jusqu’ici pour les tailler ?

De nos jours, nous ne faisons plus ainsi. La façon selon laquelle on construisait les pirogues autrefois… Je pense que plus personne ne la pratique. Ces pirogues-ci, sont coulées dans des moules que l’on fabrique. C’est plus facile, plus rapide et plus rentable pour le constructeur.

Comment es-tu devenu constructeur de pirogue, est-ce ton vrai travail ?

Non, j’ai un travail en ville. En fait, au début, je ne faisais les pirogues que pour notre équipe. Ensuite, lorsque les autres équipes ont vu que je faisais de bonnes pirogues, ils m’ont en demandé. C’est ainsi que j’ai commencé à construire plus de pirogues et à les vendre.

Lorsque tu parles de « coulée dans un moule », cela signifie qu’il y a un récipient que tu remplis ? Comment ça se passe exactement ?

En fait, on remplit une coque que l’on appelle « moule » en français, je ne saurais le dire en tahitien, car c’est une technique qui vient de l’extérieur. C’est donc dans ce moule que l’on coule la coque et le dessus de la pirogue. Ensuite, on colle le bois sur les côtés et le dessus de la coque, puis on installe les sièges. On referme avec la partie du dessus, puis l’on décore.

Quelle est la différence entre une pirogue moulée et les autres pirogues ?

Les pirogues d’autrefois étaient taillées. Les gens allaient dans la vallée couper un arbre, ils le ramenaient, puis attendaient quelques mois afin de pouvoir le tailler. La construction de la pirogue pouvait prendre parfois une année entière ! Avec ce nouveau matériau qu’est le polyester, on peut remplir le moule un jour, retirer la coque le lendemain et en vingt-quatre heures, la coque de la pirogue est terminée.

Quelles sortes de pirogues fabriques-tu ? Il existe plusieurs modèles, n’est-ce pas ?

Effectivement, il existe plusieurs modèles. Ici, nous fabriquons des pirogues de six places, des pirogues pour le large et pour le lagon, mais également des pirogues doubles, ou encore des pirogues d’entraînement.

Ce que tu fais, tu l’enseignes à des jeunes, ou à tes enfants ?

Il y a ici un jeune qui maîtrise très bien la construction… Il peut aujourd’hui me remplacer sans aucun problème. Je peux même le laisser travailler seul toute la semaine.

Et le travail avance ?

Oui, il termine son travail. Il y a également mon fils de seize ans à qui j’apprends comment faire. Mais on sait bien comment sont les enfants de nos jours… Ils n’écoutent pas beaucoup. L’apprentissage est donc une bonne chose. Je forme mon fils pendant les vacances.

Après les finissions de la pirogue, cherchez-vous à faire en sorte qu’elle aille plus vite ?

Avec une pirogue moulée, même si la coque est bonne, c’est l’assemblage qui va faire la différence. Ce sont de petits détails que l’on ne peut pas expliquer, mais qui feront que la pirogue ira plus vite. Cependant, si l’on se trompe dans les mesures, alors elle ira moins vite. Pourtant, si l’on regarde bien, les équipes qui gagnent aujourd’hui sont toujours les mêmes, et si ces piroguiers ramaient dans la pirogue d’une autre équipe, ils gagneraient encore…

Pourquoi ?

Un vieux dicton de Ah-soy dit : « Avant de tailler la pirogue, il faut tailler les hommes, c’est ainsi que la pirogue est bonne. » Voilà ce que l’on peut dire.

Merci Tumoana.

Merci.

Cher amis, vous savez, la pirogue, c’est très fatiguant. Ça, c’est beaucoup mieux, il suffit de crier…. Tumoana c’est parti ! Au revoir.

<strong>Réalisation</strong>
				: Claire Schwob' />
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Type : Série de magazines de proximité Thème : Rencontres avec les habitants de Tahiti Titre : Mata’eina’a tour Synopsis : chaque semaine, nos animateurs partent à la découverte d’une commune de Tahiti. Ils y rencontrent les habitants, fiers de partager, dans leur langue, l’amour de leur commune. Grâce à eux, nous découvrons, selon les épisodes, l’histoire, les secrets cachés de la nature, la vie des jeunes, l’économie et les activités de leur lieu d’habitation. Durée unitaire : 5 minutes Episodes: 10 Langue : français Formats : 4/3
Réalisation: Claire Schwob Production : Tahiti nui companies

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