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Vallées et montagnes nous restent encore à découvrir. Après quelques préparatifs, nous nous lançons à l’assaut de l’Orohena, sommet inviolé que l’on aperçoit ici au centre.

A mille mètres d’altitude, au cours de la première journée, nous nous trouvons à la base de la mer de nuages. Si la végétation est ici épaisse au point d’en devenir bientôt fort gênante, nous ne risquons aucune rencontre insolite, point d’animaux sauvages en Polynésie. Devant nous, la crête qui nous conduira jusqu’où une expédition précédente atteignit sans pouvoir aller plus loin. Mais, peu accoutumés à l’humidité ambiante, à la boue, et de plus lourdement et incommodément chargés, nos porteurs fatiguent considérablement.

A 1 700 mètres d’altitude, un de nos principaux campements. Notre source de breuvage et d’eau de toilette, n’est rien d’autre que la pluie. C’est sur ce parcours que sur six porteurs, quatre nous abandonneront, vaincus par le froid et la fatigue. Nous devrons séjourner plusieurs jours dans ces parages sous une pluie torrentielle et battus par un vent violent qui maintes fois arrachera nos tentes, interdisant évidemment toute photographie.

Enfin, par un matin plus clément, la pluie cesse pour la première fois depuis treize jours, ce qui nous permet d’apercevoir la presqu’île, distante à vol d’oiseau de trente kilomètres. Nous n’oserions prétendre établir quelque rapport entre les grandes ascensions des chaînes internationales et nos péripéties sur ce sommet polynésien. Il n’en est pas moins vrai que nous nous sommes obstinés là où six autres expéditions avant nous avaient tentés et renoncés. A la brusque des climatisations, s’ajoutait la mauvaise qualité d’un terrain friable que le brouillard rendait parfois semblable à un fond sous-marin. Et cette perspective de mer lointaine brisait notre courage. Sur ces crêtes, excessivement étroites, repérer une surface où poser les tentes nous posait un problème toujours redouté.

Le vide était là, autour de nous, dissimulé par la végétation. Il nous fallait maintenant franchir l’obstacle où nos prédécesseurs s’étaient arrêtés. Une crevasse aux parois verticales et friables. Vous allez voir sur la prochaine en haut et à gauche un bloc qui s’en détache. Brouillard de nuages, humidité ambiante, froid pénétrant, pluie intermittente, coups de vent nous obligeant à abattre notre tente, visibilité souvent réduite à quinze mètres, et à quelques centimètres de nos pieds, mille mètres de vide, à la verticale.

Ne pouvant nous fier à la résistance de la roche, nous nous efforcions de détecter des arbustes d’apparence assez solide pour y nouer les 400 mètres de cordage qui furent nécessaires, depuis cette crevasse jusqu’au sommet. Mais ces arbustes prenaient racine dans un humus pouvant atteindre deux mètres d’épaisseur et à ce point amolli que nous même y disparaissions parfois à mi corps. Nous approchions cependant du sommet. Huit heures emplies de manœuvres et de craintes. Huit heures à sentir un crachin glacial nous pénétrer jusqu’aux os furent nécessaires pour fixer cette dernière rampe de corde. Deux semaines d’efforts, le transport à dos d’homme de 150 kilos de vivres et de matériel, 500 mètres de corde de chanvre et l’aide de deux porteurs, furent nécessaires pour vaincre l’Orohena.

Et, avec, la tempête qui, soudainement éloignée, nous cède la place sur un sommet lumineux. Nous n’osions en croire nos yeux ! De ce belvédère de l’Océanie, le spectacle était indescriptible. Mais déjà, les nuages se reformant, il nous fallait envisager le retour, non sans avoir authentifié notre victoire des insignes de fortune dont nous disposions, et qui furent aperçus le lendemain à la longue vue des observateurs postés sur la côte. Cette fois, atteint à ses 2241 mètres, l’Orohena s’était laissé vaincre.

Cependant, le lieu restait peu hospitalier, blessés partout, aux jambes, aux mains et au visage même, nous avons hâte de retrouver la chaleur, l’air sec, l’eau tiède et le linge propre. Les vivres que nous avions été contraints d’abandonner à l’aller nous sont une providence sur le chemin du retour. Et c’est sans hostilité que nous contemplons maintenant le but atteint de notre entreprise. De retour sur la côte, nous retrouverons avec plaisir le riant paysage tahitien.

<strong>Réalisation</strong>
				: G. de Broca, P. Sintes, Frères Hollande, Claire Schwob, etc.' />
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Type : Série de mini documentaires Thème : Images d’archives du Tahiti d’antan Titre : Tahiti d’antan Synopsis : Tahiti d’antan nous entraine à la découverte de la Polynésie française de 1940 à 1970, à travers des images d’archives commentées provenant de plusieurs fonds. Durée unitaire : 5 minutes Episodes: 10 Langue : français Formats : 4/3 et 16 9ème
Réalisation: G. de Broca, P. Sintes, Frères Hollande, Claire Schwob, etc. Production : Opt, Video prod, Tahiti nui companies, etc.

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