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    • Miguel Calvo-Hunt, portrait d'artistes à l'atelier de l'hôtel Méridien Tahiti (en vidéo)

      Miguel Calvo-Hunt, portrait d'artistes à l'atelier de l'hôtel Méridien Tahiti (en vidéo)
      Miguel Calvo-Hunt.
      Je suis d'origine argentine, je suis né à Buenos aires et à un moment j'ai décidé de passer à autre chose en prenant bien évidemment l'avion et en quittant mon pays. J'avais fait quand même déjà quelques pays de l'Amérique latine, notamment le Brésil, cela a été une première rencontre avec des couleurs magnifiques puisque ce sont des pays qui travaillent avec des couleurs extrêmement fortes.
      J'associe énormément la matière, quelque soit le pays où je vais, je récolte un petit peu ce qui traine à droite et à gauche et à partir de là je fais mes tableaux dans la plupart des cas.
      Au départ, je ne voulais pas vendre mes œuvres, mais je pense que je n'étais pas le seul comme beaucoup d'artistes, et quand on m'a « obligé », quand on m'a dit « voilà, vas-y ! »… Mais c'est toujours difficile pour un artiste quand on lui demande de vendre ses œuvres ! A des copains, à des amis, c'est une chose… Mais quand on est confronté au véritable regard d'une exposition, ça, c'est pas les amis, c'est pas les copains, c'est le regard des autres. Je pense qu'un artiste doit être prêt au regard des autres, ce n'est pas toujours évident !
      Dans mon cas, c'était plus simple car étant déjà dans un milieu artistique, j'étais confronté à ce regard (non pas d'acteur bien sûr) mais confronté tout au moins à l'ambiance sur les plateaux, ou dans des tournages, sur des plateaux de tournage, donc ça, je le connaissais. Mais ma première exposition, ça a été un moment vraiment énorme, parce que là, on prend vraiment conscience véritablement du regard des autres et j'ai eu vraiment beaucoup de chance (ou ils m'ont peut-être menti) mais en tout cas, c'était quelque chose de très positif.
      Souvent on dit un artiste… Je dis souvent que le mot « artiste » il faut le laisser pour la jet set parce que bon… Moi je dis toujours, je suis plutôt un marchand de couleurs, un artisan des couleurs. Parce que j'ai en souvenir… il y a un an, j'ai remporté un concours « une idée, un déchet », ici en Polynésie, c'était assez étonnant. Moi, je plonge souvent dans le lagon, et j'avais trouvé une grille de barbecue, une espèce de ferraille qui trainait et j'ai fabriqué une lampe. Je me suis dit, le tout c'est de participer…
      Et en finalité c'était fort sympathique parce que j'ai remporté le premier prix. Cela m'a fait énormément plaisir et par la suite on m'a demandé d'exposer au Musée des Iles lors d'une exposition collective. J'avais fait le symbole du sida, car le pape venait de dire, pour moi, une grosse bêtise, en disant en Afrique qu'il ne fallait pas utiliser les préservatifs, et je me disais qu'il y a quand même des millions de gens qui se battent toujours pour sauver des vies… et je pense que la religion c'est bien, mais il faut laisser la religion s'occuper de la religion et il faut laisser les médecins et la médecine s'occuper de cela, et les artistes, quand ils peuvent dire quelque chose avec leur moyen d'expression, je trouvais ça formidable de pouvoir le faire et cela a été un grand plaisir aussi d'y participer.
      La Polynésie, c'est comme beaucoup de réponses, c'est pratiquement la même : j'ai une amie qui est là installée depuis une quinzaine d'années, qui m'a dit : ce serait bien que tu passes me voir, me faire un petit clin d'œil en Polynésie… Et je suis venu pour rester uniquement un mois, et ce mois s'est transformé en mois de plus et en mois de plus, et maintenant ça fait un an. Petit à petit, on sympathise avec d'autres artistes, nettement ici, au Méridien, car on a la chance d'avoir un directeur d'hôtel qui est ouvert à l'art ; il a donné la place aux artistes et je trouve ça vraiment fantastique. Souvent, il y a des artistes qui sont passés ici (j'ai fait plusieurs fois l'atelier), et on dit « quand on est nombreux on n'arrive pas à s'isoler », mais dans le fond, quand on est dans sa peinture, on s'isole même malgré le bruit et tout ce qui peut y avoir autour.
      Ce qui est bien c'est de voir les couleurs et la façon de travailler de chacun, donc on partage des moments, on apprend des uns et des autres car on a une vision sur certaines peintures et c'est cela qui est magique de travailler ensemble dans un atelier ; c'est ça qui est bien, de pouvoir partager des moments avec d'autres artistes. Je pense que le résumé d'un atelier c'est (en dehors de l'endroit et du cadre, qui est magnifique) le partage avec d'autres artistes.
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    • Artisan d'art : la nacre (l'artisanat polynésien en vidéo sur Tahiti.tv)

      Artisan d'art : la nacre (l'artisanat polynésien en vidéo sur Tahiti.tv)
      Hiro Ouwen : on a ici en Polynésie la chance d'avoir la nacre, c'est une matière extraordinaire. On peut trouver les couleurs les plus irisées de la nacre dès que l'on travaille en profondeur. La première étape c'est la réflexion, le travail de dessin est très important, donc élaborer le dessin sur plan et puis voir ensuite de quelle manière on le réalise. Il faut créer, même des fois le soir, il arrive que je me lève la nuit parce que j'ai des idées qui me travaillent. J'ai toujours un petit carnet chez moi où je prends note de tout ce qui me passe par la tête. La mère nourricière de la perle, c'est la nacre, donc toute la partie idéalisée de la perle, on la retrouve dans la nacre. C'est le savoir-faire polynésien, nous, on a rien inventé. Les leurres pour la pêche à la bonite que l'on a retrouvés dans des fouilles 300 ans après Jésus-Christ, ils ont plus de 1700 années d'existence ! Le travail de la nacre est très important dans le milieu ancestral parce que lors des fouilles, aussi bien aux Marquises, aux Iles de la Société, aux Australes même aussi tout récemment, on a retrouvé beaucoup de matériels en nacre, notamment des ébauches de ces hameçons et l'on retrouve toujours un petit peu ces leurres à bonites qu'utilisent encore nos pêcheurs actuels. On sait comment ils réalisaient cela. C'est par percussion, avec le limage aussi, avec des branches de coraux ou des épines d'oursins à crayon par exemple qui servaient à affûter ces hameçons. Mais pas uniquement pour la pêche, pour les parures aussi. Je m'inspire beaucoup de ces parures anciennes réalisées avec de la nacre que l'on a trouvée dans des fouilles de Huahine par exemple. C'est une grande satisfaction surtout au moment où tu vois la parure réalisée, on pourrait la mettre autour du cou. Moi-même je la mets sur moi et je me regarde dans la glace par exemple. Nos ancêtres on su réaliser avec talent tout ce qui est ornements, parures… Toujours dans ma tête, je me mets un petit peu à cette époque-là de travail. Nous, on a rien inventé je dirais. Tahiti.tv, la webtv de Tahiti et ses îles : votre voyage virtuel en Polynésie française à travers des centaines de vidéos
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