C’est autour de cette rade que le pasteur Crook et les missionnaires de la London Missionary s’installent. Le port commence à attirer baleiniers, navires de commerce et même bâtiments de guerre. En 1843, ce village naissant, devient la capitale du protectorat français et la reine Pomare IV comprenant l’importance que prend ce lieu y installe sa demeure. La Vaiete qui traverse les terres royales donne son nom à la ville, Vaiete, Papeete, panier d’eau, c’est en effet là que les habitants autrefois remplissaient leur gourde qu’ils transportaient ensuite dans des paniers tressés.
Si les missionnaires anglais ont bien crée la ville et ont permis aux Pomare d’assurer leur pouvoir ils furent contraints d’accepter la venue de prêtres catholiques qui eux choisirent de s’établir dans un autre quartier. Sur les terres de la mission, défrichées, mises en valeur, un bâtiment à étage, l’évêché, garde en mémoire le souvenir de ces religieux pionniers. L’escale Tahitienne est de plus en plus appréciée et les années passant les rues se dessinent au milieu des grands arbres, rues commerçantes qui vont se multiplier et la ville devenue centre administratif et commercial ne cesse depuis de se moderniser de s’agrandir, de grimper sur les collines ou de gagner sur la mer. Elle a peine à garder quelques espaces verts.
Entre deux parking de la place Tarahoi, le buste du sénateur Pouvana’a, figure emblématique de l’autonomie Polynésienne, veille sur la petite cité. Avec l’arrivée du centre d’expérimentation du Pacifique, la Polynésie rentre dans une ère nouvelle de consommation dont Papeete est le reflet tangible alors on commence à vivre à manger à s’amuser et à chanter autrement. Et la ville depuis refuse d’être à la traîne de la modernité sans vouloir pour autant jouer à Hawaii ou à la Californie, car elle désire avant tout garder son âme, son âme Tahitienne.
Pour tout le monde Papeete est devenue le centre obligé du travail d’où il est bon de s’échapper en fin de semaine en faisant le tour de l’île par exemple. Chacun le fait à sa manière, a ses haltes de prédilection, on part par l’est ou par l’ouest mais ce qui est sûr c’est que le meilleur tour de l’île se fait aujourd’hui en 4X4, et glacière, guitare, ukulele sont souvent du voyage. On ne sait quand il se terminera, aujourd’hui peut être ou peut être demain. La jeunesse de Tahiti, héritière de cultures diverses marie avec plus ou moins de bonheur tatouage et pierrier, pareo et jean, street dance et tamure, quand ce n’est pas Mac Do et taro. Quoi qu’il en soit elle est visiblement décidée à se trouver à travers toutes ces influences une identité propre, une identité polynésienne.
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