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    • Préparation du ma'a Tahiti à Papeari (Habitants de Polynésie française en vidéo sur Tahiti.tv)

      Préparation du ma'a Tahiti à Papeari (Habitants de Polynésie française en vidéo sur Tahiti.tv)

      Bienvenue dans cette émission Mata'eina'a tour. Ah ! Il est midi, et savez-vous ce que l'on fait à Papeari à midi ? Je ne pense pas... Rejoignons Edmond qui nous en dira plus ; je crois savoir qu'il prépare un ma'a Tahiti. Eh ! Edmond. Merci de votre visite d'aujourd'hui. Tu es né ici à Papeari ? Oui, je suis d'ici et mes parents aussi. Peux-tu nous dire où nous nous trouvons ? Il y a le musée qui est juste à côté, le jardin botanique Harrisson Smith sur ce côté-là, c'est l'endroit où il y a les deux tortues, quant à nous, nous sommes en bord de mer. Cette construction que l'on voit derrière toi, c'est l'endroit où tu travailles, un restaurant ? Ce n'est pas vraiment un restaurant, il s'agit en fait du snack restaurant du jardin botanique. C'est donc là que tu fais ton ma'a Tahiti ? Oui. Je possède deux fours différents, qui peuvent nourrir quatre cents personnes. Un des fours contient de la nourriture pour cent personnes, c'est pour le dimanche. Lorsqu'il y a des fêtes, j'utilise les deux fours. Tu ne fais que du ma'a Tahiti ici ? Non, le ma'a Tahiti, c'est le dimanche. Il m'arrive cependant d'en faire faire trois fois dans la semaine. Par contre, la cuisine popa'a, j'en fais tous les jours, car nous sommes ouvert durant toute la semaine. En fait, selon le souhait des clients, je peux faire un ma'a Tahiti tout en gardant les plats habituels, avec en plus du poisson cru, du taro, du uru et même des plats chinois à la demande. On m'a dit que tu étais le meilleur pour faire le four traditionnel ? On ne peut pas dire que je suis le meilleur, non, je ne peux pas le dire. Tout ce que j'ai appris vient des gens de Papeari, d'un coté ou de l'autre. C'est d'eux que l'enseignement m'est venu. Ensuite, il y a eu mes parents, et c'est ainsi que j'ai pu faire du ma'a Tahiti. Par contre, je dois te dire qu'aujourd'hui, on fait un peu de mélanges. Ce n'est plus tout à fait comme avant, par exemple pour le cochon : on le mettait directement dans le four, sans le faire mariner. Aujourd'hui, il faut trouver le moyen de faire apprécier aux gens le ma'a Tahiti. Alors le cochon de lait, il faut le préparer et l'assaisonner. Le « Ahi ma'a », ce n'es pas comme un four dans lequel on met le cochon, et lorsqu'il est cuit, on baisse la température…. C'est différent, tu dois avoir dans ta tête la puissance du feu. Il ne faut pas se tromper… Sinon le cochon est brûlé ! Oui. Mais tant qu'il est cuit, ça va, il ne doit pas être trop cuit non plus… Mais ça va. Le problème, c'est s'il n'est pas assez cuit. Ça fait longtemps que tu fais ce travail ? Oui, ça fait vingt-cinq ans. Donc depuis tout petit ? Oui. Je suis dans cette activité depuis tout jeune. J'ai grandi près de mes grands-parents, et c'est ainsi que j'ai appris. Ils me disaient : fais attention au ahi ma'a, fais ceci, fais cela, c'est comme ça que l'on fait. Et une fois que tu sais, il n'y a plus de problèmes. Merci Edmond. Merci de votre visite d'aujourd'hui. Merci à Edmond de nous avoir parlé de son travail. Vous, vous allez retrouver Marguerite toujours à Papeari, quant à moi, je vais juste à côté manger avec Edmond. Merci et au revoir. www.tahiti.tv, la webtv de Tahiti et ses îles, votre voyage virtuel en Polynésie française grâce à des centaines de vidéo.
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    • Le marché de Faa'a (Habitants de Polynésie française en vidéo sur Tahiti.tv)

      Le marché de Faa'a (Habitants de Polynésie française en vidéo sur Tahiti.tv)

      Bienvenue dans notre émission Mata'eina'a tour. Nous sommes aujourd'hui dans la commune de Faa'a. Nous connaissons tous le marché de Faa'a en bord de route… Et justement, nous rejoignons mama Laurent, qui est à l'origine de ce marché. Elle va nous raconter. Bonjour et merci de nous recevoir. Bonjour à toi et à tous ceux qui nous écoutent. Es-tu née à Tahiti ? Non, je ne suis pas tahitienne, je suis de Mangareva. J'ai vu en passant ce marché côte route, tu y travailles ? Oui. Quel est ton parcours ? Ce marché existe grâce à l'agriculture. Mon mari et moi sommes agriculteurs, nous apportions tous nos produits au marché de Papeete. Cependant, à cause de la distance des allers et retours, nous avons décidé de vendre en bord de route. C'est ainsi que vous avez pris la décision d'acheter un terrain ? Oui. Cependant, il fallait tout de même tout amener le matin, puis tout rapporter le soir. Un jour, nous avons décidé d'aller voir le maire pour lui demander de construire un marché a Faa'a. Il a accepté et voici le résultat. On peut dire que tu es la mère de ce marché ! Tout à fait, oui. A quelle heure commences-tu, et à quelle heure as-tu fini ? Du lundi au samedi, nous ouvrons à 7h30, par contre, si l'on traîne un peu, on peut fermer à 19h00. Sinon, c'est vers 17h30 ou 18h00, cela dépend des jours. Dimanche, on ouvre à 5h00 du matin, c'est le jour où l'on ouvre le plus tôt. Qu'est ce que tu vends dans ton marché ? De tout, cru ou cuit. Du taro et tout ce qui va avec, jusqu'au chou, vraiment de tout. Donc tous les produits de Tahiti ! Oui, tout. Même le coco râpé ou pas, vraiment de tout. Je vois ces fleurs sur toi, sont-elles à toi ? Tu vends également des fleurs ? Non, ces couronnes sont aux mama qui vendent les fleurs. C'est donc un stand différent ? Oui, ces mama ne vendent que des fleurs et des couronnes. Et l'agriculture, tu y travailles depuis petite ? Oui. Jusqu'à aujourd'hui ? Oui. Depuis toute petite… Je suivais mes parents qui cultivaient le manioc, la patate douce, le taro… Quel message voudrais-tu adresser à ceux qui nous regardent, aux jeunes ? Je dirais aux gens de Faa'a, que le jour où vous souhaitez manger du ma'a Tahiti, du cru ou du cuit, pensez à mama Laurent. C'est aussi simple que ça ! Il y a des jours où on n'a pas le temps de préparer son repas, venez voir mama Laurent qui a tout ce qu'il vous faut. Penses-tu que l'agriculture est une bonne voie pour les jeunes ? Oui, c'est lucratif. Certains disent que non, mais moi je peux te dire que oui. Merci mama Laurent. Merci à vous de m'avoir demandé de parler du marché. Eh, vous voyez cette banane ? Mais non, elle ne vient pas de cet arbre, c'est un Fei que mama Laurent m'a donné. Si vous souhaitez manger un Ma'a Tahiti, allez voir mama Laurent juste là. Quant à nous, c'est terminé pour aujourd'hui… Au revoir. www.tahiti.tv, la webtv de Tahiti et ses îles, votre voyage virtuel en Polynésie française grâce à des centaines de vidéo.
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    • La préparation du four traditionnel (2) Si Tahiti m'était conté (Vidéo d'archives sur tahiti.tv)

      La préparation du four traditionnel (2) Si Tahiti m'était conté (Vidéo d'archives sur tahiti.tv)
      On prépare le poe de papaye, dessert à base d'amidon et de fruits. Le poe de banane est confectionné de la même façon. D'abord cuites à l'eau, les bananes sont ensuite pétries avec de l'amidon.
      Ce poe est enveloppé dans des feuilles de bananiers et ainsi prêt à être mis au four. C'est du manioc qu'est extrait l'amidon essentiellement pur qui entre dans la préparation de ces aliments. Voici le pied de manioc. Les gens chargés du four ont égalisé l'amas de pierres brûlantes puis en ont prélevé quelques-unes destinées à faire cuire à part un autre dessert composé essentiellement d'amidon. Cette pâtisserie cuira au contact même de la pierre brûlante, ce qui lui donnera un parfum particulier. Ajoutez du sucre, du lait de coco et coupez avec des couteaux en bois. Mais voici le moment d'utiliser notre four.
      Sur un tapis de côtes de palmes de cocotier recouvrant les pierres échauffées sont disposés les aliments à cuire. On place d'abord le porc, puis les urus, fruit de l'arbre à pain, les fei, sorte de banane rouge, seulement consommables cuites, les bananes ordinaires, les paquets de poe, le dessert tahitien, les légumes : ignames, « taroa », taros, « oi » ... Et, sur des feuilles de uru, les chevrettes, grosses crevettes d'eau douce. On peut ajouter encore poulets, canards, langoustes ou crabes.
      Simultanément à cette préparation s'achève le tressage de nattes de feuilles de purau, destinées à recouvrir les aliments. Les voici en place, elles-mêmes recouvertes de feuilles de uru sèchés. Coiffant le tout, une nouvelle protection rigoureusement étanche, faite également de feuilles de purau tressées. Enfin, pour recouvrir l'ensemble, une couche de terre de vingt à trente centimètres d'épaisseur, sans laisser le moindre orifice. Durée de la cuisson : une heure et demie à deux heures. C'est tout juste le temps utile à dresser le couvert sur des feuilles de bananiers et des palmes de cocotier ; et à confectionner les couronnes destinées aux invités. Oui, à Tahiti, on offre les couronnes aux vivants, c'est tellement mieux ! A cette cadence ouvrière, les deux heures sont vite écoulées ; voici les convives. Attention les popa'a, ne marchez pas sur la table.

      L'ouverture du four est une cérémonie non dénudée d'émotion ! Retrait de la terre, puis de la couverture étanche... et tous les aliments apparaissent cuits à point. Ne supposez pas que le porcelet ait une saveur de poisson ou que le dessert embaume les chevrettes. Nullement. Chaque met a conservé son fumet. Ouverts, puis arrosés de lait de coco, les paquets de poe sont coupés en morceaux ; et je vous assure que c'est excellent. Tout le monde à table ! Enfin ! Si l'on peut dire... Mais il manque le chef de district et Madame. Ia orana ! Les voici.
      Désirez-vous un peu de miti hue. Mais non Madame, enfin, cela ne se boit pas. C'est une préparation de coco avant maturité et mélangée à de l'eau de mer, dans laquelle a baignée une chevrette, ce qui l'a fait légèrement fermenter. C'est d'ailleurs dans cette sauce que l'on plonge tous les aliments : porcelets ou poissons, volailles ou légumes. Eh oui ! Chacun se sert et mange avec ses doigts. C'est bien plus « monamona », ou si vous préférez plus naturel, plus savoureux. Le repas s'achève, le vin rouge a créé l'ambiance et l'ambiance ici est musique et danse.
      Tourné en 1953 par Alphonse et Charles Hollande, « Si Tahiti m'était conté » est le premier documentaire sonore et en couleur produit et réalisé à Tahiti. Le film nous entraîne dans le Tahiti des années 50, à Papeete tout d'abord puis tout autour de l'île.

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    • La préparation du four traditionnel (1) Si Tahiti m'était conté (Vidéo d'archives sur tahiti.tv)

      La préparation du four traditionnel (1) Si Tahiti m'était conté (Vidéo d'archives sur tahiti.tv)
      Initions-nous à la préparation du four tahitien. Premier mouvement : creuser une fosse d'environ un mètre de diamètre. On y allume un bon feu de bois. Le feu bien vif est recouvert de pierres volcaniques qui offrent la propriété de rougir au feu sans se briser. Mais pour atteindre ce résultat, il faut compter deux heures. Pendant ce temps, procurons-nous les aliments nécessaires. On apporte des taro, légume féculent puis les uru, fruits de l'arbre à pain qui seront immédiatement épluchés à l'aide d'un coquillage scié en deux.
      Poto est universel, sous l'eau comme sur les arbres, il est à l'aise. Les pieds sanglés d'écorce de purau, il va cueillir des coco. Cela paraît simple à observer mais l'art est difficile, encore faut-il convenir avec le vent qui agite les palmes et fait balancer la tête de l'arbre. Le fruit est débarrassé de la bourre puis ouvert. L'eau des jeunes fruits est agréable à boire, elle est rafraîchissante et légèrement sucrée.
      Ceux-ci sont mûrs et leur liquide est acidulé.
      Autrefois sur un épieu de bois très dur, aujourd'hui sur un morceau de fer dentelé, on râpe la chair du coco. On en extrait le lait en pressant le coco râpé dans de la fibre végétale. Notez que le coco ne contient que de l'eau et que le lait de coco n'est que le produit de la chair du fruit râpée et pressée. Voici notre ami Poto partant pour la pêche. Il la pratique au harpon mais de préférence la nuit. D'autres s'en vont pêcher à la ligne dans le lagon. Ce tane et sa vahine se partageront l'ouvrage : lui, utilisera le harpon, elle, la ligne. Cette délicieuse enfant (maman tahitienne et papa français) va pêcher sur le récif ; mais c'est gênant le paréo. .. Et puis surtout, il faut montrer au popa'a le nouveau maillot européen acheté chez le chinois.
      Les Tahitiens capturent du poisson à l'aide de bouts de ficelle. Les popa'a, qui se livrent au même sport avec leur attirail perfectionné, reviennent souvent bredouilles.
      En moins d'une demi-heure... Ce n'est pas négligeable. Attention, ne marchez pas sur les oursins, la piqûre en est douloureuse. Sur le récif, le Tahitien ne connaît qu'un seul remède : faire pipi sur la plaie.
      Quelques spécimens des pâtés de coraux qui tapissent le lagon.
      Et un enfant de requin.
      Décidément la plus belle pêche est celle de notre ami Poto : rougets et paoro.
      Voici un totara, poisson hérisson... Puis un varo, crustacé à la chair succulente. Rassemblés et vidés, ces poissons sont réunis sous deux enveloppes végétales successives qui parfumeront le met en cours de cuisson
      Tourné en 1953 par Alphonse et Charles Hollande, « Si Tahiti m'était conté » est le premier documentaire sonore et en couleur produit et réalisé à Tahiti. Le film nous entraîne dans le Tahiti des années 50, à Papeete tout d'abord puis tout autour de l'île.

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    • L'île de Rurutu (Film documentaire sur la Polynésie française)

      L'île de Rurutu (Film documentaire sur la Polynésie française)

      Situé au Sud de Tahiti, les Australes furent les dernières îles polynésiennes à être accostées par les missionnaires européens du 18ème siècle. L'une d'elle, Rurutu, à environ 600 kms des Iles de la Société, est aujourd'hui l'île la plus accessible de l'archipel des Australes. Elle n'en demeure pas moins sauvage et rien ne semble pouvoir perturber la petite vie tranquille et quotidienne de ses quelques 2000 habitants. Les 36 km2 de l'île se répartissent entre 3 villages, Moerai, Avera et Auti, chacun traversé par une route principale autour de laquelle la vie s'organise. Magasins, école, lieu de prière et bord de mer, rien ne semble manquer aux habitants de Rurutu.
      Cette île de l'archipel des Australes constitue un exemple typique de makatea.En effet, voici des millions d'années, un soulèvement de la croûte terrestre a fait jaillir l'ensemble de l'île au dessus de la mer, transformant son ancien récif frangeant en falaises côtières, qui s'élèvent jusqu'à 150 mètres au-delà du niveau de la mer. Les parois abruptes qui cernent aujourd'hui la majeure partie de l'île constituaient jadis les versants extérieurs de la barrière de corail. La vallée qui longe la route méridionale, est l'ancien lagon qui s'étendait entre l'île et le platier. Ce dernier représente l'actuelle ligne de côte qui plonge brusquement dans la mer le long de la côte sud-est.
      Comme dans tous les cas de makatea, Rurutu possède de très nombreuses grottes calcaires, percées à flanc de falaise. Elles sont le souvenir du soulèvement cataclysmique qui projeta ces anciennes grottes sous marines jusqu'à leur emplacement actuel. Dans ces cavités, l'érosion a fait naître de la pierre ou du calcaire des formes étranges, mais également de nombreuses concrétions calcaires pendantes et montantes, les stalactites et les stalagmites. Tombant du plafond de l'une de ces grottes, Teanaeo, une stalactite servait autrefois de cloche au chef du village qui souhaitait rassembler ses disciples.
      Les grottes de Rurutu ont chacune une histoire ou une légende, qui traverse le temps, et que les habitants aiment conter ou bien parfois chanter... Hina la cannibale serait donc à l'origine d'une des traditions les plus ancrées dans la culture des Rurutu : le tressage de pandanus.Dans le petit fare artisanal de Moerai, les femmes se rassemblent quotidiennement et en chanson, chacune rivalise d'habileté et de rapidité dans la confection de paniers, de chapeaux et de peue. Le pandanus est l'une des matières premières de l'île. On le trouve souvent en bord de route ou bien dans des champs plus ou moins entretenus. Ce sont les femmes qui coupent les longues feuilles qui leur serviront à fabriquer les objets artisanaux. Ces feuilles vertes de pandanus sont triées puis découpées afin d'obtenir des fibres plus fines. Les femmes tressent ensuite les languettes de pandanus à une longue tige, puis les suspendent à un arbre pour les laisser sécher. Il faudra une dizaine de jour pour que le pandanus puisse être tressé.
      Mais l'artisanat est loin d'être la seule tradition de Rurutu. Ainsi, de l'autre côté de l'île, dans le village d'Avera, se prépare une grande fête, la fête du Mai, qui va durer tout le week-end. Pour cette grande cérémonie religieuse annuelle, les habitants d'Avera se préparent à accueillir les deux autres communes. Dès le samedi matin, les grosses pierres du four tahitien sont mises à chauffer, les cocos râpées, les cochons engraissés toute l'année vont être sacrifiés et chacun a ramené de la pêche de nombreux poissons. Maisons et jardins d'Avera sont nettoyés dans le moindre détail tandis qu'à Moerai, le village se prépare déjà pour la semaine suivante car ce sera son tour d'accueillir les deux autres communes. La petite église pittoresque de Moerai est donc repeinte entièrement à la chaux, peinture blanche préparée collectivement à base de bloc de coraux ramassés sur le récif puis brûlés. Et tandis que les hommes donnent les derniers coups de pinceaux, femmes et enfants se dirigent déjà vers Avera, selon leurs propres moyens de locomotion...
      La fête du Mai commence par l'accueil dans la maison paroissiale des comités, petits groupes d'élus dans chaque village et qui seront décisionnaires dans le déroulement des cérémonies du week-end. Les comités réunis se retrouvent dans la prière et les chants tandis que les derniers préparatifs pour le grand repas de midi se terminent. Poissons et cochons enveloppés dans des feuilles de bananiers sont sortis du four, et femmes et enfants mettent une touche finale à la décoration du futur réfectoire. Une fois que les comités se sont mis d'accord sur le déroulement du week-end, tous vont se retrouver pour manger, et c'est un point d'honneur que met chaque habitant d'Avera à ce que chacun se régale. Après avoir festoyé, tout le monde rejoint tranquillement sa maison, et c'est alors un étrange contraste que ce village devenu ville morte jusqu'au lendemain. Le soleil, fatigué lui aussi va se laisser doucement caresser par la mer avant d'être définitivement englouti et abandonner l'île à son obscurité.
      Une personne cependant ne profitera pas de cette nuit pour dormir... Il s'agit de Mama Tetua, unique pâtissière de l'île, et qui, dès deux heures du matin, s'affaire aux fourneaux pour préparer petits mets sucrés et salés pour le lendemain. La journée du dimanche commence dès le lever du soleil. Les habitants de l'île se retrouvent dans le temple d'Avera pour prier et pour chanter. Mama Tetua, sans l'ombre d'une cerne a rejoint les autres. Durant toute la messe, les chants se succèdent. La plupart sont des Himene, chantés par les chorales des différentes paroisses. Chacun, homme et femme, reste très concentré sur sa voix, et cela sous l'oeil attentif des diacres de l'église. Les chants et les prières terminées, tout le monde se dirige vers le réfectoire afin de prendre des forces pour la journée qui va suivre. Selon la coutume, ce sont les habitants de la commune qui accueille, qui a préparé et qui servira le repas.Mais tandis que les uns mangent, certaines préfèrent chanter...
      L'après midi du dimanche est le moment le plus attendu car le plus important de la cérémonie du Mai. En effet, chacun a revêtu son habit du dimanche pour assister aux messes et bien sûr pour chanter. Durant toute l'après midi, petits et grands vont se succéder pour lire un extrait de la bible, et donner un peu d'argent afin de contribuer au bon fonctionnement de l'église. Billets et enveloppes se succèdent sur la table des diacres qui comptent méthodiquement l'argent récolté. Et tandis que certains font preuve d'un enthousiasme débordant, d'autres semblent vaincu par le sommeil.Les chants, les prières et les dons vont durer toute l'après midi dans l'église d'Avera.
      Tous, cependant, n'assistent pas à la cérémonie. Certains préfèrent passer leur week-end à s'occuper des chevaux, nombreux sur l'île et que les Rurutu utilisent encore pour transporter les marchandises ou bien se déplacer. D'autre profitent de la mer ou vaquent à des tâches agricoles. Les grandes vallées aux sols exceptionnellement fertiles permettent aux habitants de Rurutu de cultiver de très nombreuses variétés de fruits et légumes. Oscar, depuis l'âge de 26 ans, suit les traces de ses parents et grands parents et cultive chaque jour l'immense tarodière de ses ancêtres. Tandis que certains utilisent les longues tiges du taro pour s'abriter du soleil, d'autre, courageusement, préparent les champs pour les semences.
      Cultiver le taro demande en effet beaucoup de travail. Il faut tout d'abord couper les feuilles sèches des cocotiers, puis les ramener jusqu'à la tarodière. Ces feuilles sont déposées sur les champs labourés puis grâce à un pilon de bois, Oscar creuse des trous espacés d'environ 50 centimètres, puis pique les tiges de taro. Il faudra attendre environ 8 mois avant que le taro ne pousse et puisse être consommé. Certains des agriculteurs de Rurutu ont cependant rompu avec les traditions, et se sont modernisés. C'est le cas de David Poetai, qui a décidé d'installer dans le sud de l'île une plantation hydroponique. Ormis les nombreuses ressources de ses terres, Rurutu possède également de magnifiques plages de sable blanc. Les plus belles courent vers l'est de la pointe, mais comme partout autour de l'île il n'y a que très peu de bassins peu profonds entre la rive et le récif extérieur.
      Le lagon de Rurutu offre bien d'autres possibilités à ses habitants que celles de se plonger dans ses eaux aux bleus lumineux.L'une des traditions perpétuée de père en fils, est bien sûr la pêche. Elle constitue un apport précieux pour les habitants de Rurutu. Dans cette île, la pêche ancestrale se pratique avec un hameçon très particulier et typique à Rurutu. Grâce à l'hameçon ancestral ou au leurre d'aujourd'hui, les pêcheurs de Rurutu ne rentrent jamais bredouilles. Les thons ou bonites servent au repas du soir ou du lendemain alors que les petits poissons mélangés à l'eau de mer serviront d'accompagnement aux plats principaux.Tandis que les pêcheurs finissent de nettoyer les derniers poissons, de l'autre côté de l'île, ce sont quelques chèvres qui broutent tranquillement. Le fromage affiné est ensuite emballé sur quelques feuilles de couleur, puis vendu au marché de Rurutu, ou expédié à Papeete.
      Mais ce que les chèvres ne savent pas, c'est qu'aujourd'hui est un jour un peu particulier sur l'île de Rurutu. En effet, au village d'Avera, c'est la cérémonie du Iomarafare, la visite des maisons. Deux représentants de chaque district se sont réunis afin de former le Comité du Iomarefare. Suivi de tout le village, ils visiteront les maisons et décideront si oui ou non, elles sont bien entretenues. Chaque accueil se fera selon la coutume sous la projection de talk, et de parfum. Ce sera également l'occasion de s'assurer qu'aucun habitant ne manque de rien. La visite se poursuit toute la matinée, ponctuée de haltes de plus en plus nombreuses devant les petits buffets que chaque habitant des maisons visitées a préparés pour les gens de passage. Dans certaines maison en deuil, ou dont les occupants sont malades, une halte toute particulière est faite, afin de chanter et de prier. Les longues marches entre chaque maison sont parfois fatigantes, mais cela n'empêchera personne sur la fin du trajet de fêter la matinée, de chanter et de danser.
      Si certains semblent vouloir fuir le bruit de la fête, d'autres, sereins, savent apprécier le calme des plages tranquilles de bord de lagon. Les animaux, la nature et les gens, tous vivent en harmonie tranquille dans cette île aux mille douceurs.
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    • Habitants de Polynésie française : la culture des ananas (tahiti tv)

      Habitants de Polynésie française : la culture des ananas (tahiti tv)
      Bonjour à vous qui suivez notre émission Mata'eina'a tour. Nous sommes toujours à Tahiti iti. Ce que vous voyez là, ce sont des ananas, et nous retrouvons justement Papa Vana qui nous parle de sa passion pour la culture de ces fruits.

      Bonjour Papa Vana.
      Bonjour.

      Comment ça va ?
      Qu'il pleuve ou qu'il fasse beau, ça va toujours.

      Raconte-nous comment tu as commencé à cultiver les ananas.
      A la base, je n'étais pas un planteur d'ananas, je plantais le taro, la patate douce, mais tout ne pouvait s'écouler, et de plus, les souris et les bestioles mangeaient mes patates. Alors un vieux m'a dit : « si tu jettes une tête d'ananas, ça pousse et ça produit tout seul. »

      Et c'est vrai ?
      C'est vrai. Mais si tu veux planter sur des dizaines ou des centaines d'hectares, ce n'est plus la même chose. J'ai donc planté des ananas et l'on m'a envoyé à Paris afin d'exposer nos produits locaux cultivés, et d'en faire ainsi la promotion. J'ai rencontré là-bas un thaïlandais avec qui j'ai discuté, il parlait français et il voulait m'amener chez lui, dans son pays. Je lui ai dit que je n'avais pas d'argent et que je ne parlais pas sa langue mais il m'a répondu qu'il se chargeait de tout. Je suis donc allé en Thaïlande, et à mon départ, il m'a donné un livre assez coûteux.
      J'ai fait selon le livre (qui concernait la culture de fruits), mais il y a une différence entre la théorie et la pratique ! Pour me former, je suis allé à Moorea, à Rarotonga et à Hawaii. Je suis également allé voir quelques anciens, mais ils ne partageaient pas leurs connaissances. C'est toujours comme ça ! C'est lorsqu'ils disparaissent que l'on se dit : « il ne nous a même pas transmis son savoir ». C'est comme la médecine traditionnelle. Pierrot, un vieux de Hiti'a m'a dit qu'il y avait six façons de planter l'ananas, et je lui ai demandé lesquelles. Ce que je sais, c'est qu'il faut mettre la tige en terre, lui, m'a dit que c'était à moi de trouver le reste. Il ne m'a rien dit d'autre, alors j'ai cherché. Qu'ils soient plantés couchés, debouts, éloignés ou serrés, ils poussent chaque fois différemment. C'est ce que j'ai trouvé. Mais ce qu'il voulait me faire comprendre, c'est que c'était à moi seul de m'en sortir et non pas à lui de faire mon travail. Ainsi, j'ai fini par réellement trouver. Les travailleurs sont maintenant partis, et j'ai continué tout seul.

      C'est difficile comme travail ?
      Lorsque l'on commence, on est maladroit. En général, on a peur des pointes, pourtant elles sont toutes petites. Quel que soit le travail, ce n'est pas facile au début, mais dès qu'on a la main, ça coule comme l'eau dans le lit de la rivière. Par contre, il faut vraiment avoir envie. Tu ne dors que d'un oeil, à quatre heures trente, tu prends ton café et tu t'en vas. C'est ça la bonne heure de cinq à sept, il fait tellement chaud ! Ce fruit n'aime pas l'ombre des arbres. Plus le soleil est fort, plus l'ananas est sucré.

      Aujourd'hui, tu es tout seul à travailler ?
      Je prends avec moi mes enfants et mes petits enfants qui ne travaillent pas. J'ai aussi pris d'autres personnes, la terre est à moi, je laboure, on plante ensemble et l'argent est pour eux, pendant neuf mois. On plante également des cocotiers sur les limites des terres, des manguiers, des avocatiers et beaucoup d'autres arbres fruitiers. Comme ça, lorsqu'ils partiront, les uru ou les mangues commenceront à produire et il y aura à manger pour tous. Avec les cocotiers, il y aura également à boire. Il n'y a pas encore d'eau là haut, mais bientôt, les tuyaux arriveront jusqu'à la maison... Ce n'est qu'une question d'argent. Mais lorsque les travailleurs auront fini, je serais encore tout seul, à travailler quarante deux hectares. Cela ne me fait pas peur.

      Merci de nous avoir reçus.

      Très volontiers.

      Je suis épuisé d'avoir essayé de trouver un seul ananas sur ces quarante deux hectares. Mais voici des piments, ce n'est pas dur à trouver et le pied est bien rempli. Voilà ce que je vais manger. Merci et au revoir.

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    • Motu Atea: l'archipel des Australes (tahiti tv)

      Motu Atea: l'archipel des Australes (tahiti tv)
      Situé en Polynésie française, au sud de Papeete (île de Tahiti) et en plein coeur du Pacifique, l'archipel des Australes se compose de cinq îles principales au relief typique des îles hautes, anciens volcans. Ces montagnes, érigées dans le ciel, sont entourées d'une barrière de corail, protégeant sur certaines îles un magnifique lagon au camaïeu de bleus.
      Les nombreuses falaises, vestiges des très anciennes irruptions volcaniques, plongent dans la mer, non loin des plages paradisiaques de sable blanc.
      L'archipel des Australes est très peu peuplé. En effet, la population totale dépasse à peine les 6000 habitants. Ceux-ci vivent dans de petits villages en bord de mer entourés d'une nature généreuse et préservée. Le « fiu », nonchalance locale, rythme le quotidien des villageois, qui bénéficient pourtant d'un des climats les plus frais de Polynésie Française.Les activités sont nombreuses aux Australes. L'une d'elles, l'agriculture, est une des ressources premières de ces îles ; le taro est le produit alimentaire de base de l'archipel. Cette plante à rhizome est cultivée comme le riz, dans des marécages irrigués. Les sols des Australes sont exceptionnellement riches et fertiles et l'on y cultive tous les fruits et légumes communs des régions tempérées.
      L'on y cueille également le pandanus, matière première du tressage artisanal. Ces feuilles vertes sont triées puis laissées à sécher afin d'être tresser. Cette occupation est l'apanage des femmes qui se réunissent en famille, ou en associations, afin de tresser les feuilles sèches pour en faire des chapeaux ou bien des paniers qui seront vendus aux marchés.Très respectueux du savoir et des croyances des anciens, les Polynésiens ont conservé leurs marae, lieux de culte autrefois destinés à la célébration de la vie religieuse et sociale du clan. De ces grandes plate formes ou terrasses pavées, entourés par des murets et construits avec des blocs de basalte ou des dalles de corail, il ne reste aujourd'hui que quelques pierres posées qui donnent lieu à de nombreuses légendes.
      Malgré leur attachement évident aux rites et manifestations religieuses d'autrefois, les Polynésiens sont de fervents pratiquants. Les messes ne se ratent sous aucun prétexte, et c'est toujours avec beaucoup d'entrain que les habitants des Australes chantent les Himene le dimanche à la messe. La religion est aussi prétexte à d'immenses fêtes, comme celle du Me. Les habitants se retrouvent à cette occasion dans les chants et les prières, puis organisent des visites guidées dans chaque maison afin de déterminer quelle sera la plus belle et la mieux équipée. Chaque accueil se fera selon la coutume sous la projection de talc et de parfum. Le périple durera toute une journée, ponctué de chants pieux dans les maisons des villageois malades.
      Les longues marches entre chaque maison sont parfois fatigantes mais cela n'empêchera personne, sur la fin du trajet, de fêter la journée, de danser et de chanter.Pour se reposer aux Australes, lors de votre voyage, il existe de charmantes petites pensions de famille, toujours très bien entretenues et qui seront le point de départ de nombreuses excursions. L'une des plus spectaculaires se fait à Rurutu qui possède des grottes calcaires percées à flan de falaise. Dans ces cavités, l'érosion a fait naître de la pierre, stalactites et stalagmites. L'une d'elles, servait autrefois de cloche au chef du village qui souhaitait rassembler ses disciples. Ces cavernes sont le souvenir du soulèvement cataclysmique qui projeta ces anciennes grottes sous-marines jusqu'à leur emplacement actuel.
      Mais les Australes ont bien d'autres trésors. On y trouve notamment le caviar vert. Il s'agit d'une petite algue qui pousse sur les coraux à quelques mètres de la barrière. Facile à ramasser, elle très réputée à l'étranger. Le plat d'algue est préparé très simplement avec un peu de lait de coco et de citron vert. C'est son goût salé et croquant qui rappelle à certains la saveur du caviar.Ceux qui ne ramasseront pas les algues du lagon, profiteront des ressources de la mer. Thons, bonites, et autres poisons, se pêchent dans les eaux des Australes. Et tandis que certains adoptent les moyens modernes pour attraper le poisson, d'autres préfèrent les méthodes traditionnelles.
      Souvent pratiquée en famille, la pêche est enseignée très tôt aux tout petits. Très pratiquée autrefois, il en est une cependant, qui ne reste qu'un souvenir : la pêche à la baleine. Ces énormes mammifères, que l'on peut approcher  lors de plongée sous-marine,  viennent aujourd'hui tranquillement sillonner les eaux des Australes. A Tubuai, on pratique la pêche à la pieuvre. De son encre, mélangée à du taro, on fera le « tutaefe », appât très spécifique de cette île, et grâce auquel aucun pêcheur ne pourrait, aux dires des habitants, rentrer bredouille. « C'est comme ça la vie ici? c'est comme ça ! »

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    • L'île de Tubuai (1)

      L'île de Tubuai (1)
      Située à environ 600 kms de l'île de Tahiti, Tubuai est la plus grande des îles Australes. Entourée de quelques motu sauvages parsemés dans ces immenses eaux bleues, Tubuai vit à l'écart de l'agitation des villes dans l'harmonie d'une nature généreuse et préservée. Ile haute, ancien volcan, elle est entourée d'une barrière de corail protégeant l'un des plus beaux lagons de Polynésie française. De nombreux vestiges des anciennes croyances sont parsemés sur l'île : les marae. Ces anciens lieux de culte sont autant d'histoires et de légendes que les habitants de l'île racontent selon les propos des anciens... Visualiser
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