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Jeff Morohi : bonjour et bienvenue dans notre émission Mata’eina’a tour. Je vous présente un de mes amis… mais aujourd’hui, nous n’allons pas parler de lui et nous rejoignons Papa Arii qui va nous apprendre à confectionner un vivier.
Bonjour papa Arii, merci de nous recevoir.
Papa Arii : bonjour.
Jeff Morohi : tu fabriques donc des objets en bambou…
Papa Arii : oui, des viviers et des parois de maisons, c’est ce que je fais le plus souvent. Mais je fais également des cages à oiseaux, dont on peut se servir en décoration, en mettant une lumière à l’intérieur par exemple.
Jeff Morohi : est-ce que tu fais vivre ta famille avec ce travail ?
Papa Arii : pour manger, c’est suffisant, en vendant un ou deux viviers par jours ma famille vit bien.
Jeff Morohi : cela fait longtemps que tu fais ça ? Papa Arii : depuis que je suis à la retraite, je m’y suis consacré. Quand j’étais jeune, j’en fabriquais pour moi-même.
Jeff Morohi : qui t’as appris ce travail ?
Papa Arii : c’est en regardant certains amis à qui j’empruntais les viviers pour aller pêcher. Ils râlaient souvent, j’ai alors décidé de confectionner les miens. Ainsi, j’ai pu pêcher : je mettais mes « tarao » dans le grand, les « ‘ouma » dans le petit, et je pouvais y aller. Quand je revenais, je laissais tout dans l’eau car à cette époque, nous n’avions pas de réfrigérateur. Le lendemain, au retour, ils étaient toujours vivants. C’est comme cela que je me suis perfectionné dans ce métier.
Jeff Morohi : peux-tu nous expliquer comment faire un vivier ?
Papa Arii : le vivier… Cela, ce n’est que du bambou. L’armature à l’intérieur, c’est du fil de fer. Ensuite, on prend un peu de nylon pour assembler le tout et de la corde pour attacher le haut. Puis il faut aller chercher du « purau » sec pour le terminer.
Jeff Morohi : quand je regarde, tu as plusieurs tailles de viviers, des petits et des grands, pourquoi fais-tu des petits ?
Papa Arii : quand on fait des viviers, ils n’ont pas la même taille à cause des nœuds qui ne sont pas à la même distance. Ainsi, de là à là, la distance est courte. Ici, elle est longue.
Jeff Morohi : les nœuds n’ont pas la même taille ?
Papa Arii : non. Et si on les coupe à la même longueur, celui-la n’aura pas de nœud, il n’aura aucun maintien, aucune force. Jeff Morohi : il n’a donc pas de taille fixe. Cela dépend de l’espacement entre les nœuds ?
Papa Arii : c’est ça. Jeff Morohi : de combien de jours as-tu besoin pour faire un vivier ? Papa Arii : des viviers de cette taille, je peux en faire cinq en une journée. Les plus petits, entre six et sept.
Jeff Morohi : est-ce que tes enfants t’aident ? Papa Arii : tu sais mes enfants ne s’intéressent pas à ce que je fais. Parfois, ils s’intéressent un peu, mais cela s’arrête très vite. J’ai le sentiment qu’ils n’ont aucune motivation.
Jeff Morohi : n’as-tu jamais pensé à apprendre aux jeunes de Paea ?
Papa Arii : s’ils viennent, je leurs apprendrais, il y a de quoi gagner sa vie dans la vallée.
Jeff Morohi : tout à fait.
Papa Arii : c’est une des erreurs de nos ancêtres : ils n’ont rien mis côté mer. Ils ont planté tous les bambous au fond des vallées. Mais quand on voit ces jeunes d’aujourd’hui, aussi jeune que toi, aucun n’y va….Quand moi, j’étais jeune, j’y allais. Mais ces jeunes-là, non. Ils ont une vision différente de celle des jeunes de cette époque.
Jeff Morohi : aurais-tu un message pour notre pays ? Papa Arii : je vois toutes ces choses qui viennent de nos ancêtres disparaître…
Jeff Morohi : se perdre…
Papa Arii : oui. Il faudrait qu’ils viennent nous voir pour qu’on leur enseigne.
Jeff Morohi : c’est une richesse pour nos jeunes d’apprendre nos coutumes ?
Papa Arii : il ne faut pas attendre que les anciens meurent pour se dire : « Zut ! Je suis même pas allé le voir ! ».
Jeff Morohi : ce serait trop tard…
Papa Arii : vraiment trop tard. Jeff Morohi : Merci papa Arii.
Papa Arii : merci.
Jeff Morohi : papa Arii, quel serait le meilleur vivier pour que j’aille à la pêche ?
Papa Arii : celui-là. Je le prends alors.
Jeff Morohi : voici un des viviers que papa Arii a confectionné pour nous. Maintenant qu’il m’a expliqué comment le fabriquer, il va m’apprendre à pêcher… Allez, on y va !
Papa Arii : c’est parti !

 »<strong>Réalisation</strong>
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Type : Série de magazines de proximité Thème : Rencontres avec les habitants de Tahiti Titre : Mata’eina’a tour Synopsis : chaque semaine, nos animateurs partent à la découverte d’une commune de Tahiti. Ils y rencontrent les habitants, fiers de partager, dans leur langue, l’amour de leur commune. Grâce à eux, nous découvrons, selon les épisodes, l’histoire, les secrets cachés de la nature, la vie des jeunes, l’économie et les activités de leur lieu d’habitation. Durée unitaire : 5 minutes Episodes: 10 Langue : français Formats : 4/3
 »Réalisation:  »Production

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