Makatea, qui pendant plus d’un demi-siècle a marqué la vie économique de la Polynésie française. Depuis le port de Temao niché dans une échancrure de la falaise, a été lancé au-delà des rouleaux, une jetée longue de 100 mètres construite en porte à faux, elle battait en cela tous les records du monde et elle marque pour la CFPO un progrès considérable puisqu’elle aboutit directement dans la cale des minéraliers que l’on peut remplir à raison de 500 tonnes à l’heure.

Autrefois avec les chalands et les treuils il fallait trois à quatre jours. En 1958, une journée suffit. Lorsque le chargement est fini, la jetée pivote sur elle-même et vient reposer sur une pile construite sur le récif et sur laquelle elle est verrouillée. L’oiseau des îles était la silhouette familière et attendue des habitants de l’île. La particularité de Makatea tient au fait que le gisement de phosphate se trouve au sommet de cette île corallienne à quelques 70 mètres au dessus du niveau de la mer. Il a donc fallu imaginer des moyens de transport insolites dans ce paysage pour amener les travailleurs ou le minerai à l’usine de séchage. La première réalisation de la CFPO fut ce plan incliné de 125 mètres de long qui permettait aux hommes et au matériel de gravir les 42 mètres de dénivellation grâce à un funiculaire actionné électriquement.

Autre originalité : le train, le fameux petit train de Makatea dont les wagonnets peuvent transporter chacun cinq mètres cube de minerai quand ce ne sont pas les équipes de travailleurs qu’ils transportent. La main d’œuvre, en 1958 toujours, était en majorité polynésienne, elle avoisinait les 800 personnes dont le salaire global était alors 100 000 francs cfp. Cette locomotive diesel emprunte un réseau à voie étroite, soixante centimètres, longue de huit kilomètres, constituée de deux branches qui se rejoignent à la gare du village de Vaitepaua. Il roule toute la journée, allant et venant dans ce paysage lunaire, hérissé d’arrêtes coralliennes, percé, troué plus ou moins profondément par les pioches ou les marteaux pneumatiques.

Vaitepoua est un village charmant, paisible, confortable avec son cinéma, son hôpital et son église. En 1958, 310 000 tonnes de phosphate ont été exportées et cela représentait une somme de 315 millions de francs cfp dont 80 revenait au Territoire sous forme d’impôts et de taxes. La clochette du petit train de Makatea s’est tue en 1966. La richesse de Makatea ne tient pas seulement à ses ressources minières. Ce décor extraordinaire attire les producteurs de films. Ici l’on tourne une séquence du film « Les ambitieux » avec pour vedette la jolie Andréa Parisi. Le plan incliné est devenu plateau de tournage avec éclairages, caméras et autres appareils dont il faut tester l’immobilité, la fixation, en somme, l’équilibre de tout et de tous. La trame de ce film est assez compliquée. Deux individus, en l’occurrence deux acteurs américains, Richard Basehard et Gérard O’Brien veulent obtenir chacun l’exclusivité de l’extraction des mines de l’île.

C’est donc à qui obtiendra le premier ce fameux permis indispensable que le fonctionnaire de l’île, John Martin, ne délivre pas si facilement d’autant que la jolie Andréa Parisi est aussi intéressée par l’affaire. Le film d’ailleurs changera de titre et deviendra « l’ambitieuse ». Il est vrai qu’elle avait un homme de main efficace en la personne de Make Maitere. Pour les habitants de l’île, regarder ces acteurs au travail, c’était plus vrai, plus séduisant que l’autre cinéma. Le tournage se finit, Andréa et son équipe reviennent au village.

La vedette est conquise dit-elle à qui l’entendre par le pays, ses habitants… à moins que ce ne soit par le cameraman… Yves Allégret était le metteur en scène, Claude Pinoteau son assistant, Henri Persin chef opérateur et cameraman comme son ami Gilles Bonneau.

Les scènes d’intérieur ne furent pas tournées à Makatea mais à Papeete dans la salle théâtre de l’école Vienot louée à cette occasion. Quant au producteur, Paul-Edmond de Charme, à la suite des tournages de Hule Hula et des ambitieux, il eut l’idée d’installer à Tahiti un studio permanent capable d’offrir ses services en matériel, en techniciens et en figurants aux cinéastes du monde entier. Cette réalisation hélas, ne vit pas le jour et Tahiti n’est pas devenu l’Hollywood du Pacifique !

Réalisation: G. de Broca, P. Sintes, Frères Hollande, Claire Schwob, etc.
Réalisation: G. de Broca, P. Sintes, Frères Hollande, Claire Schwob, etc. Production : Opt, Vidéo prod, Tahiti nui companies, etc.
Type : Série de mini documentaires Thème : Images d’archives du Tahiti d’antan Titre : Tahiti d’antan Synopsis : Tahiti d’antan nous entraine à la découverte de la Polynésie française de 1940 à 1970, à travers des images d’archives commentées provenant de plusieurs fonds. Durée unitaire : 5 minutes Episodes: 10 Langue : français Formats : 4/3 et 16 9ème

Tahiti.tv, la webtv de Tahiti et ses îles : votre voyage virtuel en Polynésie française à travers des centaines de vidéo

Si vous avez aimé cette article, vous aimerez aussi :

Partagez !
Share On Facebook
Share On Twitter
Share On Google Plus
Share On Linkedin
Share On Pinterest
Share On Youtube
Contact us